02.05.19

L’engagement du gouvernement luxembourgeois en faveur de la protection du climat est-il réel ou n’est-ce que duperie des citoyens et des jeunes en particulier ?

A l’approche des élections européennes et de la marche pour le climat du 24 mai , la plateforme luxembourgeoise TTIP/CETA, à la quelle Action Solidarité Tiers Monde adhère,  publie un communiqué de presse et se pose la question ” L’engagement du gouvernement en faveur de la protection du climat est-il réel ou n’est-ce que duperie des citoyens et des jeunes en particulier ? “

 

La position des représentants du gouvernement luxembourgeois en amont de décisions importantes qui seront prises au niveau européen, est très loin d’être suffisamment débattue au préalable, dans le public et/ou au sein de la Chambre des députés ! Il s’agit là d’une situation qui est largement vue d’un œil critique depuis pas mal de temps. Et de plus en plus de voix s’élèvent pour revendiquer que les représentants du gouvernement luxembourgeois soient obligatoirement et explicitement mandatés en vue de se prononcer lors de votes européens décisifs.  

Une décision prise dans le cadre de la dernière réunion des ministres de l’agriculture de l’UE souligne à nouveau l’importance d’une telle consultation formelle. Cependant, elle illustre aussi de façon malheureuse à quel point l’écart entre les promesses/les déclarations théoriques et la réalité gouvernementale semble être grand.

De quoi s’agit-il exactement ?

L’ordre du jour de ladite réunion contenait le vote sur le mandat à conférer à la Commission européenne pour ce qui est du nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis, un accord qu’on pourrait globalement désigner de TTIP 2. Comme on le sait, les États-Unis rejettent l’accord de Paris sur le climat, et les objectifs de développement durable ne figurent pas vraiment non plus sur la liste des priorités des États-Unis.

En fait, le Parlement européen a fait valoir que la ratification de l’accord de Paris sur le climat est la condition préalable de tout accord de libre-échange. Préalablement à la réunion de la semaine dernière, le Luxembourg avait signé un écrit, ensemble avec l’Espagne et la France, par lequel ils se sont engagés à faire en sorte que le nouvel accord sur la lutte contre le changement climatique ainsi que les objectifs stratégiques de développement durable fassent de facto partie intégrante de tout nouvel accord de libre-échange :

“France, Spain and Luxembourg would like to draw the Council’s attention on the necessity to ensure consistency of trade agreements, that the EU is currently negotiating, with the 2030 Sustainable Development Goals and the Paris Agreement on climate change. “

(« La France, l’Espagne et le Luxembourg aimeraient attirer l’attention du Conseil sur la nécessité d’assurer la cohérence des accords commerciaux que l’UE négocie actuellement avec les 2030 objectifs de développement durable et l’accord de Paris sur le changement climatique ».)

Voilà une attitude indispensable qu’il échait de saluer !

Cependant, en date du 15 avril, la position qui par la suite trouve le soutien et l’accord du Luxembourg est tout à fait différente !

La protection du climat et les objectifs de développement durable ne sont pas considérés comme une condition préalable. Ils ont certes fait l’objet de la discussion, mais dans le texte du mandat, ils ne sont aucunement mentionnés. Et pourtant le Luxembourg approuve ce mandat, tandis que la France (malheureusement le seul pays) vote contre !

Pourquoi le Luxembourg n’a-t-il pas respecté sa position initiale ? Même si cela n’aurait pas impacté la décision fondamentale du Conseil, cela aurait néanmoins été un signal important ; et c’est finalement aussi une question de crédibilité politique !

Si

  • après les marches pour le climat organisées par les étudiants, tous les partis politiques au Luxembourg font comme si la protection du climat devait maintenant être priorisée,
  • l’acceptation de l’importance de l’UE ne doit pas continuer à diminuer,
  • les partis politiques ne veulent pas perdre toute crédibilité,

alors la politique de protection du climat et de développement durable (y compris la politique sociale) doit enfin devenir une véritable priorité, digne de ce nom ! Surtout à l’approche des élections européennes, les questions-clés de l’UE doivent enfin faire l’objet d’un débat ouvert et transparent !

 

Les membres signataires de la plateforme luxembourgeoise Stop CETA & TTIP

ALEBA
ASTM / Cercle de coopération des ONG de développement
Bio-Lëtzebuerg
Caritas
CGFP
Fairtrade
FGFC
FNC / Landesverband
Greenpeace
Landjugend a Jongbaueren
LCGB
Mouvement Ecologique
natur&ëmwelt a.s.b.l.
OGBL
Stop TAFTA
Syprolux
ULC
Union Syndicale Fédérale

 

 

 

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