ASTM News

19
Sep

Urgence climatique ? L’Europe accouche d’une souris !

Canicules, pluies torrentielles, inondations – mois après mois, année après année, des
catastrophes « naturelles » de plus en plus nombreuses, causées ou aggravées par le
changement climatique, rappellent l’urgence de réduire les émissions mondiales de gaz à
effet de serre. Les attentes sont grandes, notamment envers les pays occidentaux, qui
historiquement ont le plus contribué au réchauffement climatique, et qui disposent des
moyens financiers et techniques d’agir. En particulier, comme les autres pays, les membres
de l’Union européenne devaient annoncer collectivement leur Nationally determined
contribution
(NDC, contribution ou engagement d’action climatique national) pour 2035
avant fin septembre.

Le résultat du Conseil des ministres de l’Environnement d’hier n’est pas à la hauteur de ces
attentes. Au lieu d’une NDC ferme et ambitieuse pour 2035, l’Union européenne ne
soumettra qu’une déclaration d’intention. Elle s’engage vaguement à réduire les émissions
de gaz à effet de serre (par rapport à 1990) dans une fourchette allant de 66,25 à 72,50 %.
Malgré les effets palpables du changement climatique, les instances de décision politiques
ne parviennent pas à produire mieux que des compromis boiteux.

Rappelons que le Conseil des ministres aurait d’abord dû se mettre d’accord sur un objectif
européen de réduction ambitieux pour 2040, dont aurait alors découlé une NDC affirmant le
leadership européen dans les débats climatiques internationaux. Malheureusement,
l’objectif 2040 de -90 %, proposé par la Commission européenne, allait déjà trop loin aux
yeux de nombreux pays. Dans ce contexte, nous saluons le choix du ministre luxembourgeois
Serge Wilmes de soutenir la proposition la plus ambitieuse, celle de la Commission. Nous
soulignons toutefois que la science climatique et une répartition juste des efforts
exigeraient que l’Europe atteigne la neutralité carbone nette (-100 %) dès 2040.

Pour une justice climatique au niveau planétaire !
À moins de deux mois du prochain sommet climatique COP30, les NDC, notamment celle de
l’Union européenne, sont attendues avec impatience. Les Nations unies en ont besoin pour
dresser un état des lieux des réductions de gaz à effet de serre prévues. Dans ce processus,
l’annonce à un stade précoce d’une NDC européenne ambitieuse aurait mis la pression sur d’autres pays grands émetteurs d’en faire autant. Hélas, l’engagement tardif et timide issu du
Conseil des ministres donne au contraire le mauvais exemple.

Aux yeux des pays du Sud global, la défaillante position européenne en matière de
réduction d’émissions vient s’ajouter à la grande déception en matière de financement
climatique de la COP29 de l’année dernière. Alors que les besoins de financement estimés
du Sud dépassaient largement le billion de dollars par an, l’objectif adopté sous le nom de
New common quantitative goal (NCQG), avait été fixé à seulement 300 milliards. Dans un
contexte de crise économique, souvent écrasés par des dettes injustes, les pays du Sud n’ont
pas les moyens pour faire face aux Loss & Damage (pertes et préjudices) climatiques ou de
mener à bien des politiques d’adaptation pour réduire ces effets.

L’ASTM dénonce cette triple injustice à l’égard des populations du Sud : d’abord, les pays
industrialisés ont le plus profité des énergies fossiles, mais ce sont les pays du Sud qui
souffrent le plus du changement climatique, ensuite, ces pays sont laissés sans moyens
pour faire face, et enfin, on exige d’eux de contribuer aux politiques de transition
énergétique afin de sauver le climat. Nous estimons qu’au contraire, lors de la COP30, les
pays industrialisés doivent en premier lieu donner au Sud global les moyens de maîtriser les
effets du changement climatique. Cela donnerait une base et un climat de confiance pour
mener à bien la discussion sur la baisse des émissions et la transition énergétique, dans un
véritable esprit de justice sociale au niveau planétaire.

L’ASTM s’engage depuis des décennies sur le réchauffement global et la justice climatique,
aussi bien dans le travail avec ses partenaires dans le Sud que dans la coordination du Klima-
Bündnis Lëtzebuerg avec le Mouvement écologique, ou encore au sein de la plateforme
Votum Klima. L’ASTM participera sur place à la COP30 à Belém du 10 au 21 novembre, ainsi
qu’au sommet alternatif Cúpula dos Povos. Notre présence sur place permettra de rappeler
les revendications d’ambition et de justice aux délégations luxembourgeoise, européennes et
internationales. Au jour le jour, nous suivrons les débats et partagerons un regard critique
avec les médias et le public luxembourgeois.

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