ASTM News

18
Nov

La COP à la croisée des chemins

La 30e conférence climatique va-t-elle produire des résultats à la hauteur des attentes ? Comme l’ASTM l’avait déja expliqué[1] avant son début, la COP30, au Brésil, à l’embouchure de l’Amazone, offre des chances pour des décisions courageuses, après trois conférences « fossiles » et face à l’urgence de stopper le réchauffement planétaire. Alors que les leaders politiques commencent à arriver à Belém, où en est-on en ce début de deuxième semaine de négociations ?

Le seul résultat concret est la mise en place du Tropical Forest Facility Forever (TFFF) par Lula da Silva lors du Leaders’ Summit. Que ce fonds n’ait recueilli que 5,5 milliards venus de quatre pays, a été une déception pour le président brésilien… L’ASTM, qui a porté un regard critique sur ce projet controversé, y voit la preuve que le temps des mesures climatiques fondées sur le capitalisme financier est révolu. Pour le reste, il y a eu peu d’avancées, mais aussi peu de conflits… Notamment parce que la présidence brésilienne a fait le choix d’éviter un blocage sur l’agenda en traitant à part certains points délicats comme les obligations financières des pays développés ou l’insuffisance des réductions d’émissions annoncées.

Journées calmes au Hangar, centre de congrès de Belém, journées agitées cinq kilomètres au Sud, à l’Université fédérale de Pará. C’est là-bas que les deux représentants de l’ASTM et du Klima-Bündnis ont pris part aux activités de la Cúpula dos Povos, le Sommet des Peuples. Trois jours d’échanges et de débats, couronnés par la grande marche de samedi avec 50.000 participant·es, ont abouti à la Déclaration du Sommet des Peuples[2]. Les analyses et revendications vont bien au-delà du domaine climatique, mais reprennent également des thèmes de la COP officielle : sortie des énergies fossiles, transition juste, droits des peuples autochtones, financement climatique conséquent et alimenté par des fonds publics et des taxes.

En cette deuxième semaine de négociations, l’ASTM attend que les politicien·nes du monde entier, et d’Europe et du Luxembourg en particulier, fassent avancer les dossiers les plus importants. Au centre se trouvent la réduction des émissions et le financement climatique, et nous sommes convaincus que l’un ne va pas sans l’autre. Les discussions autour du « Transitioning away from fossil fuels » (TAFF) doivent lancer un processus pour aboutir aussi vite que possible à une roadmap contraignante, forçant l’abandon des projets d’exploitation de ressources fossiles à court terme. Mais la COP30 devra aussi tenir compte du contexte social, comme le font la science et la société civile. Pour cela, un programme institutionnalisé de transition juste, appelé « Belém Action Mechanism for a Global Just Transition » (BAM) doit être décidé.

Côté financement climatique, les pays du Sud attendent un support financier conséquent, et des engagements concrets pour atteindre les 300 milliards, puis les 1300 milliards de dollars par an annoncés à la COP29. Les négociations actuelles se concentrent sur le financement des mesures d’adaptation, supposées être augmentées bien au-delà du niveau actuel, cruellement insuffisant. Mais la société civile insiste pour que cet argent provienne de sources publiques ou de taxes internationales et prenne la forme de dons et non pas de prêts. En outre, il faut une transparence pour assurer la qualité des mesures prises, et éviter les effets négatifs environnementaux et sociaux. C’est ce que nous ont aussi rappelé les représentants de nos partenaires philippins, dont le gouvernement est actuellement accusé d’avoir détourné des fonds destinés à la protection contre les terribles typhons qui ravagent leur pays.

En somme, cette COP reste celle de toutes les chances, avec une présence de la société civile qu’on ne l’avait plus vue depuis longtemps. À nous de continuer à faire pression sur les politicien·nes de prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Ne pas le faire serait une faillite morale, comme l’a formulé le secrétaire général des Nations Unies António Guterres.

L’ASTM s’engage depuis des décennies sur le réchauffement global et la justice climatique, aussi bien dans le travail avec ses partenaires dans le Sud que dans la coordination du Klima-Bündnis Lëtzebuerg avec le Mouvement écologique, ou encore au sein de la plateforme Votum Klima.

L’ASTM participe sur place à la COP30 à Belém du 10 au 21 novembre. Notre présence sur place permet de rappeler les revendications d’ambition et de justice aux délégations luxembourgeoise, européennes et internationales. Au jour le jour, nous suivons les débats et partagerons un regard critique avec les médias et le public luxembourgeois.

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[1] https://astm.lu/cop30-saisir-les-chances/

[2] https://www.pressenza.com/2025/11/declaration-of-the-peoples-summit-towards-cop30/

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