En vue de la Journée Internationale de la Femme, le Groupe des Verts / EFA au Parlement Européen, appuyé par les organisations de la Société civile, ALOP, CIFCA, Grupo Sur et Oidhaco, en lien avec la Fondation Heinrich Böll, ont organisé au Parlement Européen de Bruxelles une journée dévouée à la recherche de solutions susceptibles d’en finir avec le féminicide en Europe et en Amérique Latine. C’est déjà la septième conférence de ce type organisée conjointement depuis 2006.
Le dialogue bi-régional sur le genre entre la Communauté d’États latino-américains et caraïbes et l’Union Européenne (UE-CELAC) a bien été accueilli par la Société Civile. Cette dernière demande aujourd’hui aux décideurs politiques de s’orienter maintenant vers la prise de moyens concrets en vue de l’éradication du féminicide. Celui-là devrait inclure, par exemple, la création d’indicateurs, la définition de mécanismes d’évaluation, la participation de la société civile, et surtout, il doit être basé sur des bonnes pratiques pour que les États soutiennent les mécanismes et ratifient les conventions existantes dans la matière.
Les organisations à l’origine de la journée ont dénoncé la grave situation de violence faite aux femmes et aux jeunes filles, et en particulier le féminicide, qui continue à augmenter de manière constante. Elles attendent de la 58éme Réunion de la Commission sur le Statut de la femme – qui aura lieu la semaine prochaine au siège des Nations Unies à New-York – une mise en place d’un plan de travail international visant au développement de stratégies capables de prévenir, de sanctionner et d’éradiquer toutes les sortes de violence contre les femmes à tous les niveaux de la société : un plan d’action global contre la violence de genre et le féminicide.
Rashida Manjoo, Rapporteuse Spéciale à L’ONU sur la violence contre les femmes, a rappelé, au cours de l’évènement, la responsabilité des États dans la lutte contre le féminicide et a expliqué que ces crimes d’extrême violence sont encouragés et permis par l’existence d’une culture de discrimination et de haine envers la femme. Selon R. Manjoo, « ces assassinats sont commis sans rapport avec la race, la condition sociale ou la religion des femmes ; c’est un problème commun aux deux régions ».
Pour lutter contre ce phénomène, le Député européen Raül Romeva i Rueda et la Députée colombienne Gloria Flórez, tous deux membres de l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (EuroLat), sont à l’origine d’une résolution qui demande aux gouvernements des deux régions de revoir le cadre, l’implémentation et la reformulation des politiques publiques en lien avec la violence contre les femmes. Jusqu’à ce jour, il n’a pas été possible de freiner l’augmentation des féminicides ni en Amérique Latine, ni en Europe.
A cette Journée était présente la citoyenne hollandaise, Arsène van Nierop, mère de Hester, une jeune victime du féminicide assassinée à Ciudad Juarez le 19 septembre 1998. Depuis lors, au sein de la Fondation Hester, Arsène a passé sa vie à mettre en lumière le féminicide au niveau international et à la prévention de la violence contre les femmes à Ciudad Juarez. Devant la récente mise en détention du présumé assassin de sa fille par la police mexicaine, Arsène a exprimé sa satisfaction de ce qu’enfin, au bout de quinze ans, on entrevoie que la justice soit faite. Elle a encouragé les autorités mexicaines à aller jusqu’au bout du processus judiciaire, mais elle a rappelé que 99% des crimes restent dans l’impunité.
Au cours de son intervention, Katherine Ronderos, directrice de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, a fait ressortir l’importance que les gouvernements des deux régions doivent unir leurs efforts pour combattre l’impunité, garantissant l’accès à une réelle justice et la réparation des dommages causés aux victimes et à leur famille.
Les organisations de la société civile responsables de cette journée ont lancé un appel pour que, dans le cadre de la relation stratégique entre la CELAC et l’UE, avec l’appui des organisations liées à elles, soit faite la preuve de la volonté politique de garantir la pleine expression des droits des femmes et l’éradication de toutes sortes de violence contre elles, et bien sûr, le féminicide.
ALOP – CIFCA – GRUPO SUR – FUNDACION HEINRICH BOELL – OIDHACO




