18.05.11

Greenpeace défie les entreprises européennes à devenir leader en matière de protection du climat

Luxembourg et Bruxelles, 18 mai 2011

Alors que les représentants des entreprises européennes sont arrivés ce matin au European Business Summit (1), Greenpeace a exigé des entreprises de l’UE qu‘elles soutiennent des actions plus ambitieuses en matière de protection du climat. 170 militants de Greenpeace ont empêché les entreprises qui font du lobbying contre une politique climatique ambitieuse de rentrer dans l’enceinte du sommet de Business Europe. Par contre, les activistes de Greenpeace ont applaudi les entreprises qui se sont exprimées en faveur d’une réduction unilatérale des émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici 2020.

Greenpeace appelle toutes les entreprises européennes à suivre leur exemple et à se prononcer publiquement en faveur de l’innovation et de la croissance verte. De grandes entreprises multinationales (2) tels que Unilever, Danone, Sony, Deutsche Telekom et Allianz exigent de fixer l‘objectif de réduction des émissions de CO2 en l’UE à -30% d’ici 2020, afin de créer un climat de confiance et des garanties pour les investissements nécessaires au développement d‘une économie verte. L‘objectif des -30% représente une démarche indispensable pour assurer à moyen terme la compétitivité de l’Union européenne sur le marché mondial par rapport  à la concurrence  chinoise et états-unienne qui ont déjà consenti des investissements importants dans les technologies propres et prennent ainsi une avance significative dans les secteurs porteurs.

Malgré toutes les évidences qu’un objectif climatique plus ambitieux pour l’UE serait favorable à son économie, des multinationales comme ArcelorMittal, Microsoft, BP et Volkswagen (VW) freinent le développement d’une économie verte en Europe. «L’influence de ces entreprises sur les gouvernements est énorme. Ces multinationales embauchent des lobbyistes ou font pression via des fédérations d’entreprises comme BUSINESSEUROPE et EUROFER afin de saboter des objectifs plus ambitieux en matière de protection du climat“, explique Dimitris Ibrahim, coordinateur de la campagne climat de Greenpeace en Europe. „Les entreprises européennes doivent faire le choix: soit elles font partie des retardataires qui minent la compétitivité de l’Europe, soit elles font partie des leaders qui soutiennent une économie verte moderne à travers un objectif climatique pour l’UE de -30% d’ici 2020».

Au Luxembourg, la fédération des industries luxembourgeoises FEDIL et membre de BUSINESSEUROPE a récemment mis en garde „devant une intensification des engagements européens en termes de réduction des émissions et a lancé un appel au gouvernement pour plaider en faveur d’un moratoire dans les discussions politiques autour d’un éventuel renforcement des objectifs climatiques européens“. Début mai, à l’occasion d’une visite du président de BUSINESSEUROPE au Luxembourg, le président de la FEDIL a déclaré que « l’Union européenne doit éviter de pénaliser les entreprises par rapport à leurs concurrents au niveau mondial, en instaurant des objectifs climatiques trop restrictifs.“

Greenpeace appelle le gouvernement luxembourgeois à ne pas se plier devant les revendications malfondées de la FEDIL, mais à suivre l’exemple des sept pays européens qui en mars 2011 ont publiquement demandé que l’UE décide unilatéralement un objectif de réduction européen de -30% d’ici 2020. „Avant et après la conférence de Copenhague, le Premier Ministre nous avait assuré que le Luxembourg s’engagerait pour que l’UE se fixe des objectifs de réduction plus strictes“,explique Martina Holbach, chargée de campagne de Greenpeace Luxembourg. „Nous regrettons fortement que depuis des mois, le ministre du Développement Durable et des Infrastructures Claude Wiseler ne se soit toujours pas exprimé en faveur d’un objectif de réduction des émissions plus ambitieux.

Est-ce que le Luxembourg, le pays le plus riche de l‘UE, a sérieusement l’intention de freiner la reprise économique de l’Union européenne ?“, déclare Holbach. En Juin, les ministres de l’Environnement débattront de l’objectif de l’UE des réductions de gaz à effet de serre. Au niveau mondial, les gouvernements attendent de voir si l’UE va augmenter de façon unilatérale son objectif de réduction avant les prochaines négociations des Nations-Unies en novembre 2011 en Afrique du sud. Des études ont démontré qu’une réduction des émissions de -30% en Europe peut augmenter les chances d’éviter un dérèglement grave du climat, déclencher des investissements dans l’économie verte en Europe et augmenter son produit intérieur brut de 620 milliards d’€ d’ici 2020 (3).

Plus d’information: Martina Holbach, Greenpeace Luxembourg, Tél. 54 62 52 24

(1) Le „European Business Summit 2011“ est intitulé „Europe in the world: leading or lagging?“ (www.ebsummit.eu/)
(2) Ce mois-ci de grandes marques comme Ikea, Puma et MANGO ont rejoint le mouvement des leaders en matière de protection du climat. Pour voir la liste des entreprises qui soutiennent lZobjectif européen de réduction de -30% dZici 2020, veuillez visiter le site web: www.leaderslaggards.com. En Mars 2011, sept ministres de l’environnement ont publiquement demandé une réduction de 30%: http://www.reuters.com/article/2011/03/14/us-eu-climate-idUSTRE72D00N20110314 En Novembre 2010, le Parlement européen sZest prononcé en faveur dZun objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre plus stricte: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2010-0442+0+DOC+XML+V0//EN
(3) Une étude publiée en mars 2011 et commandée par le ministère allemand de l’Environnement et menée par des chercheurs européens renommés, a constaté quZun objectif de réduction domestique dZémissions de -30% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, accompagné par des politiques appropriées et cohérentes, pourrait augmenter les investissements européens de 18% à 22% du produit intérieur brut (PIB), créer jusqu’à 6 millions d’emplois supplémentaires d’ici à 2020, augmenter le PIB européen de 620 milliards d’Euros, améliorer la sécurité énergétique, réduire les coûts de carburant et à aider l’industrie européenne à maintenir et à améliorer sa compétitivité. Pour plus d’informations: http://www.newgrowthpath.eu/

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