11.10.16

NON aux accords de libre-échange : plus de 4.000 personnes sont descendues dans les rues au Luxembourg

Manifestation TTIP/CETA Luxembourg

Copyright Xavier Bechen

Plus de 4.000 personnes se sont rassemblées le samedi 8 octobre à Luxembourg-Ville pour dire NON au traité de libre-échange transatlantique que l’UE négocie avec les États-Unis (TTIP) et son équivalent avec le Canada (CETA) qui devrait lui être approuvé lors du conseil des ministres de l’UE ce 18 octobre. La plateforme STOP TTIP Luxembourg, dont l’ASTM fait partie, avait appelé à cette manifestation. Elle appelle le gouvernement luxembourgeois à ne pas ratifier le traité tant que certains points ne sont pas clarifiés.

Pour les manifestants rassemblés dans la capitale ce samedi matin, la signature du TTIP et du CETA met en danger les normes sociales, environnementales et sanitaires européennes. Le TTIP vise en effet à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre l’Union européenne et les États-Unis. Pour rappel, le CETA est sur le point d’être signé, tandis que les négociations, tenues secrètes, concernant le TTIP semblent dans l’impasse compte tenu de l’opposition d’une partie de la population européenne. La plateforme «Stop TTIP» a d’ailleurs peur que les multinationales américaines délocalisent leur siège au Canada pour obtenir tous les droits qui leur auraient été refusés par le TTIP.

Jean Feyder. Copyright photo Xavier Bechen

Jean Feyder. Copyright photo Xavier Bechen

Dans son discours, Jean Feyder, membre du Conseil d’Administration de l’ASTM, a dénoncé les Accords dits de Partenariats Economiques avec les différentes regions africaines ” Déjà il y a un an, j’ai dénoncé ici l’impact désastreux de l’actuel système commercial mondial néo-libéral pour les pays en développement et surtout les moins avancés. La libéralisation forcée de leurs marchés, la baisse dramatique de leurs tarifs douaniers a privé les gouvernements de ressources précieuses les obligeant à réduire leurs programmes d’éducation, de santé et de développement au profitaussi d’une privatisation croissante. Tous leurs secteurs économiques ne disposant que d’une très faible productivité, ont perdu toute protection et ont été exposés à la concurrence internationale. Ce qui permet à nous Européens d’augmenter d’année en année nos exportations de viande de poulet, de lait en poudre et de concentré de tomate, pour ne citer que ces produits-là,vers les marchés du Sud, de l’Afrique, 2à des prix de dumping. Nous ruinons ainsi les petits producteurs, les petits paysans, qui sont le plus souvent des femmes, et nous les excluons du marché. Est-ce alors surprenant que les Africains aussi soient de plus en plus nombreux pour qui l’unique perspective qui reste est de se mettre sur la route d’abord del’exode rural, puis de partir de chez eux et de trouver le chemin vers l’Europe en passant par Lampedusa?Et nous connaissons bien les risques tragiques que cela comporte. Encore cette semaine et en deux jours, pas moins de 10000 Africains ont passé la Méditerranée à grands risques.

Que fait la Commission Européenne? En 2014, elle a conclu des accords de libre-échange, les Accords dits de Partenariat Economique, avec les différentes régions africaines. Elle les a alors soumis au Parlement européen pour ratification. Comme plus d’un an plus tard, certains pays comme le Nigéria,n’avaient toujours pas signé ces accords, la Commission a adresséen juin dernier un ultimatum aux pays africains avec le message suivant: Signez tous d’ici le 1er octobre prochain, sinon votre accès privilégié au marché européenvous est perdu. Dans le cadre d’une campagne de la société civile européenne, notre Cercle de coopération vient d’adresser une lettre à Monsieur Juncker pour lui faire connaître sa consternation en apprenant par la presse ce chantage, contraire à tout esprit de partenariat,et pour lui exprimersa forte désapprobation. Il a souligné que ces accords qui visent à entièrement libéraliser les marchés africainspour plus de 80 % des produits importés, ne contribuent pas au développement mais servent uniquement les intérêts d’entreprises européennes. Ils risquent d’aggraver encore plus les migrations vers l’Europe. Le Cercle a aussi fait parvenir unmessagesimilaire à nos députés européens les invitant à ne pas ratifier de tels accords. Le Cercle demande la mise en place d’une autre politique commerciale et de développement. Une politique qui renforce notre appui à l’agriculture familiale sachant que cette agriculture assure 60 % de l’emploi en Afrique. Qui tienne compte de l’immense écart de productivité entre les économies des deux parties. Qui permette aux Africains d’organiser une régulation de leurs marchés et une protection adéquate de leurs petits producteurs et de leurs petits paysans. Que l’Europe arrête enfin cette scandaleuse hypocrisie qui consiste à protéger fortement sonmarché agricole, mais de refuser une telleprotection aux pays africains beaucoup plus pauvres.

Lire l’analyse de 7 affirmations en bref

ttip-astmRegarder l’émission sur RTL Télé Lëtzebuerg http://www.rtl.lu/letzebuerg/963983.html

 

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