17.02.17

Mobilisation du Parlement européen en faveur des défenseurs des droits humains au Guatemala

Communiqué de presse

Alors que deux défenseurs des droits humains (DDH) ont déjà été assassinés au Guatemala depuis le début de l’année 2017, le Parlement européen (PE) a adopté aujourd’hui une résolution d’urgence sur la grave situation des défenseurs dans ce pays. Ainsi, les députés européens ont exprimé leur préoccupation quant à la violence à l’encontre des défenseurs des droits humains, ont salué leur travail et ont exhorté le gouvernement guatémaltèque à agir pour leur protection. L’ASTM*, qui par le biais de ses projets de solidarité soutient le travail de défenseurs des droits humains guatémaltèques, salue cette initiative et partage les demandes et les préoccupations exprimées.

Les chiffres sont alarmants : entre janvier et novembre 2016, 223 agressions, 14 assassinats et 7 tentatives de meurtre de défenseurs des droits humains ont été recensés au Guatemala. 2017 a déjà connu l’assassinat de deux défenseurs : Laura Leonor Vásquez Pineda et Sebastián Alonso Juan. La plupart de ces attaques font partie d’un cycle de violence long et répétitif et restent impunis.

En outre, les fonctionnaires du système judiciaire connaissent eux aussi un climat hostile et font l’objet de harcèlement, de criminalisation, de tentatives de coercition, ainsi que de campagnes de dénigrement et intimidation. Cela compromet la viabilité de l’état de droit ainsi que l’indépendance du système judiciaire au Guatemala. C’est pourquoi, la résolution soutient aussi la réforme du secteur judiciaire présentée récemment au parlement guatémaltèque, visant à mettre en place les modifications nécessaires pour consolider l’état de droit dans le pays.

Organisation soutenue par la coopération luxembourgeoise également menacée  

Parmi les victimes des campagnes d’intimidation contre les défenseurs des droits humains figure également le CUC (Comité de Unidad Campesina), organisation partenaire de l’ASTM et plus particulièrement son coordinateur M. Daniel Pascual. Ce dernier en est devenu une cible privilégiée suite à ses prises de positions dans le cadre de l’Audition 149 de la Commission Interaméricaine des droits humains (CIDH) relative à la criminalisation de la contestation sociale au Guatemala. L’ASTM a alerté à plusieurs reprises les autorités luxembourgeoises et européennes sur les dangers qu’encourent son partenaire et les autres DDH au Guatemala en les appelant à exiger une protection adéquate pour ces personnes.

Large soutien au Parlement européen  

D’après Beatriz Becerra, vice-présidente de la sous-commission des droits humains et membre du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), « les défenseurs sont le meilleur moyen pour l’accomplissement d’une justice indépendante. Cependant, ils sont calomniés, persécutés et même assassinés. Le gouvernement guatémaltèque se doit de les protéger en mettant en place des politiques publiques ambitieuses ».

Hans-Olaf Henkel, membre du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) a participé il y a un an dans une mission d’observation du Parlement Européen. « Depuis ma visite, j’ai suivi de près cette grave situation et, même si j’avais des espoirs avec l’arrivée du nouveau président, aujourd’hui j’en suis déçu. La situation des avocats et des défenseurs des droits humains est extrêmement préoccupante », a-t-il déclaré. Pour Marina Albiol, du groupe GUE/NGL, «exprimer notre inquiétude n’est plus suffisant », car « la responsabilité de l’Union Européenne est claire. Il y a un lien entre la présence de sociétés transnationales et les attaques aux défenseurs des droits qui s’opposent et se mobilisent contre les projets hydroélectriques, comme c’est le cas de POJOM II ou RENACE, des projets miniers, comme FeNIX ou celui de la compagnie française PERENCO. »

Le Parlement européen envoie un message clair

Les députés européens ont appelé l’Union européenne à jouer un rôle proactif dans la promotion de la sécurité des défenseurs des droits humains en adoptant des mesures et des mécanismes de protection efficaces dans le cadre du dialogue politique, de la coopération et des relations commerciales avec le Guatemala. Ainsi, l’ASTM ainsi que nombreuses organisations de la société civile espèrent que cette résolution enverra un message clair aux autorités guatémaltèques afin qu’elles agissent et protègent les défenseurs, notamment les femmes, les paysans, les personnes discriminées en raison de leur orientation sexuelle et les peuples autochtones, qui se mobilisent pour une société démocratique, pour la défense de la terre, pour le respect de l’environnement et des droits économiques, sociaux et culturels, en faveur de la justice et contre l’impunité.

*L’ASTM est membre du réseau GrupoSur – une alliance d’ONG européennes qui travaille pour des politiques de coopération entre l’UE et l’Amérique latine plus cohérentes, intégrant le respect des Droits fondamentaux comme un pilier central du développement. GRUPO SUR déploie des actions de plaidoyer et de sensibilisation auprès de l’Union Européenne et des États membres à partir d’une approche basée sur les droits humains.

Contact presse pour les sujets politiques 
Antoniya Argirova
+352 400427-20
antoniya.argirova@astm.lu

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