07.02.18

“Ma vie a changé grâce à l’engagement de CHINTAN”

Jaiprakash Chaudhary, nommé “Santu”, a commencé à travailler il y a 20 ans en tant que ramasseur de déchets à Delhi. Aujourd’hui, grâce au soutien de notre organisation partenaire CHINTAN en Inde, il vend des objets récupérés et emploie plus de 160 personnes dans ses deux centres de tris dans la capitale indienne. Il a donné des conférences à Copenhague, au Brésil et en septembre 2016 au Luxembourg sur la gestion des déchets. Il a également réussi à changer la perception sur le métier de recycleurs de déchets.  

Bihar – Delhi : Un départ difficile
A l’âge de 17 ans, Jaiprakash Chaudhary, qui préfère d’ailleurs utiliser son surnom Santu, quitte sa famille dans l’Etat de Bihar, un des Etats les plus pauvres de l’Inde. Il espère trouver un emploi qui lui permettrait d’augmenter le revenu de sa famille. Arrivé à Delhi, il se met à ramasser les déchets susceptibles d’être revendus dans le quartier élégant de Connaught Place. Au bout d’un mois il abandonne et rentre dans sa famille à Bihar. Il ne supporte plus la discrimination qu’il rencontre dans son travail. Deux mois plus tard, il repart pour un nouvel essai, préférant ce qu’il décrit dans ses propres mots « la discrimination à la pauvreté ».

En 1996, Santu se lance dans un petit commerce au bord de la rue à Raja Bazar. Il achète des déchets secs des ramasseurs de déchets pour les revendre. C’est une période difficile. ” Pendant des années, j’étais régulièrement harcelé par la police et des fonctionnaires “, se souvient-t-il. ” Aujourd’hui encore, il y a des gens qui considèrent que les ramasseurs de déchets sont des voleurs et les regardent avec mépris. “

Un nouveau tournant : la création de SAFAI SENA avec l’appui de CHINTAN
Le tournant dans sa vie intervient en 1999 avec la création de son association de ramasseurs de déchets SAFAI SENA grâce au soutien de notre organisation partenaire Chintan Environmental Research and Action Group à Delhi. SAFAI SENA et CHINTAN partagent le même but : aider les ramasseurs à combattre la discrimination dont ils étaient victimes. Début 2000 Santu transfère son entreprise de Raja Bazar à Kotla. L’entrepôt de déchets est démoli, il est obligé de déménager. Ensuite, à cause des mauvaises odeurs liées au stockage des déchets, il doit se déplacer encore deux fois ” J’ai été obligé de déménager parce que des nouvelles colonies se sont installées près de mes entrepôts. Ces déplacements m’ont causé des pertes financières, mais j’ai toujours gardé l’espoir “, raconte Santu. En 2012 il établit son centre de tri à Sikandarpur, à la périphérie de la Ville de Delhi, loin des zones résidentielles. L’installation d’un deuxième centre de tris près de la gare de New Delhi suit. Actuellement Santu emploie 160 personnes. Avec l’appui de CHINTAN, il reçoit des déchets d’environ 10 centres commerciaux, des bureaux et d’hôtels à Delhi pour alimenter le centre de tri à Sikandarpur. Sa deuxième unité obtient du matériel de la gare. ” À Sikandarpur, nous recevons environ 4 tonnes de déchets et traitons trois tonnes de déchets secs chaque jour “, a déclaré Rajesh Kumar, responsable de l’unité de séparation. Selon CHINTAN, les employés de Santu assurent le triage d’environ 25 % des déchets totaux de Delhi. Des représentants de municipalités de tout le pays visitent le centre à Sikandarpur pour apprendre à transformer les déchets en richesses tout en respectant l’environnement.

L’ASTM rencontre pour la première fois CHINTAN et SAFAI SENA lors de la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à Copenhague en 2009. Santu s’était exprimé fortement contre les unités de valorisation énergétique des déchets, une technologie de plus en plus prônée par le Gouvernement indien. Il préconise le recyclage ” Le recyclage peut sortir des milliers de personnes de la pauvreté, alors que l’incinération des déchets ne crée que de la pollution “.

 

“Pendant des années, j’étais régulièrement harcelé par la police et des fonctionnaires “, se souvient Santu. Le recyclage des déchets permet à des milliers de personnes de sortir de la pauvreté. En améliorant sa propre situation, Santu a aidé et aide toujours beaucoup d’autres personnes, comme le montre le témoignage de Narsimha, une femme de 65 ans, qui travaille dans l’unité de tri “ Mon fils m’a quitté après la mort de mon mari. Personne n’était prêt à embaucher une vieille femme, mais j’ai été engagée ici “, explique-t-elle. Nombreux sont également ceux qui ont trouvé un emploi durable avec un salaire moyen de 7 000 Rs (EUR 93,00). Chitra Mukherjee, responsable des opérations chez CHINTAN, déclare “ Ce sont de véritables environnementalistes qui prouvent que les déchets constituent une ressource qui peut servir à atténuer la pauvreté .”

Regarder la vidéo “une voix pour les déchets” avec Jaiprakash Chaudhary, nommé “Santu”