03.12.17

Le rôle socio-politique des femmes de la communauté indigène de Sarayaku

Lundi et mardi 27 et 28 novembre un groupe de 4 femmes de la communauté indigène de Sarayaku en Equateur était en visite au Luxembourg. Elles venaient témoigner de l’importance du rôle des femmes dans leur communauté et de leur cosmovision de la forêt vivante (Kawsak Sacha) et de la vie en harmonie avec la nature (Sumak Kawsay).

Rôle socio-politique des femmes
Avec ses plus de 1.500 habitants, la communauté indigène de Sarayaku pratique le démocratie directe. Lors des dernières élections en mai 2017, de nombreuses femmes ont été élues dont 3 des 4 femmes ambassadrices  : Mirian Cisneros élue présidente de la communauté de Sarayaku en mai dernier, di Abigail Santi, échevine pour les jeunes et Samai Gualinga, échevine pour la communication. La belge Sabine Bouchat, qui s’est mariée à Sarayaku il y a 30 ans et qui vit depuis là-bas, a construit le pont entre l’Europe et Sarayaku. Les femmes indigènes ne connaissent pas le terme “femme au foyer”. En plus de leur rôle politique, elles assument les responsabilités économiques (comme paysannes, elles cultivent les „chakras“, les jardins en forêt), sociales, familiales et culturelles. Elles poursuivent la lutte pour la défense du territoire forestier et le plan de vie de Sarayaku (Sumak Kawsay – une proposition de statut pour protéger leur environnement, leur culture, leur vie). Elle gèrent également une petit banque qui octroie des micro-crédits.

Combattantes pacifiques

En 2002, des prospecteurs pétroliers escortés de militaires explorent sans autorisation le sous-sol de Sarayaku (Amazonie, Équateur). Quelques femmes de la communauté les surprennent, les désarment et les font prisonniers… Elles dissuadent les hommes de la communauté de se battre avec les armes, et imposent avec succès une stratégie non-violente. Ce n’est là qu’un exemple des facultés de résistance du peuple de Sarayaku qui arrive à la fois à utiliser les ressources du monde traditionnel (de la chasse raisonnée au chamanisme) et celles du monde moderne (de l’ONU à Youtube).

Le but de cette résistance n’est pas la sauvegarde d’un territoire isolé: les ambassadrices „Terre-Mère“ souhaitent aussi promouvoir leur concept de vie „Sumak Kawsay“, cette possibilité de dialogue oublié entre notre espère humaine et tout ce qui vit avec elle sur la „Terre-Mère“, la Pachamama.

Retrouvez l’article sur “Les femmes courage de Sarayaku” dans l’édition du LE QUOTIDIEN du 29 novembre 2017

Share this: