18.05.17

Deux représentantes de Philippines UPR Watch en visite au Luxembourg

Les 15 et 16 mai, Action Solidarité Tiers Monde a accueilli Angie Gonzales et Sharon Cabusao, toutes les deux représentantes du réseau Philippines UPR WATCH. Elles avaient participé le 8 mai à l’Examen Périodique Universel (EPU) des Philippines à Genève et présenté un rapport alternatif sur la situation des droits humains aux Philippines au Conseil des Droits de l’Homme. Le processus EPU est mené sous les auspices du Conseil des Droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et permet d’examiner la situation des droits humains de tous les Etats membres tous les quatre ans.

De g. à dr. : Julie Smit (ASTM), Sharon Cabusao et Angie Gonzales (Philippines UPR WATCH ) en visite à l’ASTM

Rencontre au Ministère des affaires étrangères et européennes
Pendant leur visite au Luxembourg, Angie Gonzales et Sharon Cabusao ont participé à une réunion avec des représentants de la Direction des affaires politiques du Ministère des affaires étrangères et européennes. Lors de cette réunion, elles ont fait part des critiques de la société civile à l’égard du rapport soumis par le gouvernement des Philippines dans le cadre de l’EPU. Elles ont également présenté le point de vue de la société civile sur la situation actuelle des droits humains dans leur pays et sur les négociations de paix qui sont actuellement en cours entre le gouvernement des Philippines et le Front National démocratique des Philippines.*

Les deux représentantes de Philippines UPR WATCH ont également félicité le Luxembourg pour les recommandations faites par l’Ambassadeur du Luxembourg auprès des Nations Unies dans le cadre de l’EPU sur les Philippines. De son côté le Ministère a exprimé son appréciation pour l’engagement de la société civile en faveur de la réalisation des droits humains aux Philippines et a affirmé le besoin de protéger les défenseurs des droits humains.

Rapport officiel du gouvernement philippin soumis à l’EPU : le manque d’action
Lors de leur séjour à Genève la semaine dernière, Angie Gonzalez** et Sharon Cabusao*** ont pu présenter les problèmes relatifs à la situation des droits humains dans leur pays, leurs recommandations ainsi que leurs critiques à l’égard du rapport officiel du gouvernement philippin soumis à l’EPU à plusieurs représentations permanentes auprès des Nations Unies et à des ONG internationales.

En effet, malgré le fait que dans son rapport le Gouvernement des Philippines a affirmé son engagement en faveur du caractère universel, indivisible et interdépendant de tous les droits humains, Philippines UPR WATCH considère que cette affirmation ne reflète pas la réalité de la situation dans le pays. En outre, il estime qu’en général, les recommandations du rapport de l’EPU de 2012 sur les Philippines n’étaient pas mises en œuvre d’une manière satisfaisante.

La délégation a constaté par exemple qu’aucune mesure concrète n’a été prise pour aborder sérieusement les grands problèmes socio-économiques du pays. L’actuel président Rodrigo Duterte, tout comme son prédécesseur Aquino, s’est focalisé plutôt sur des mesures palliatives, sans se pencher sur les problèmes sous-jacents à la pauvreté. Ainsi, Philippines UPR WATCH a critiqué le manque d’action de la part du gouvernement dans différents domaines et notamment en ce qui concerne la réforme agraire, les droits des femmes, l’insécurité de l’emploi, le chômage, la mise à disposition d’habitations adéquates.

En outre, Philippines UPR Watch demande que le gouvernement philippin mette fin aux exécutions extra-juridiques des défenseurs des droits de l’homme et dans le cadre de la guerre contre le trafic en drogue.

Lire également  “Philippine UPR Watch assails Government report at UN: “Misleading and does not reflect realities on the ground.”

Plus d’informations sur Philippines UPR Watch dont fait également partie l’organisation partenaire KMP que l’ASTM soutient depuis 1999.

*Le Front National démocratique des Philippines regroupe environ 17 organisations révolutionnaires y compris le Parti communiste des Philippines et la New People’s Army.
**ANGIE GONZALES est coordinatrice de l’International Coalition for Human Rights in the Philippines (ICHRP) basée aux Pays Bas
***SHARON CABUSAO est représentante de l’alliance des femmes philippines GABRIELA.

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